Comment faire perdurer les bienfaits du confinement pour la nature ?

Le confinement : une pause avec et pour la nature

La nature nous a offert de douces parenthèses dans nos vies confinées. Depuis nos jardins ou nos fenêtres, nous avons (re)découvert le plaisir d’observer la faune et la flore qui nous entourent : les premiers papillons, les premières floraisons, les allées et venues des oiseaux pour construire leurs nids et nourrir leurs petits, les lézards profitant des premiers rayons du soleil… En retour, la réduction de nos activités a permis à la nature de souffler mais aussi de s’exprimer dans des espaces où l’on cherche d’ordinaire à la maitriser : les parcs et jardins publics, les bords de route, les zones commerciales et artisanales ou encore les jardins privés à la française privés de leur paysagiste ! Et si on faisait perdurer ces bienfaits réciproques en adoptant de bonnes pratiques dans nos espaces publics et privés ?

Confinons les tondeuses et les taille-haies !

A la sortie du confinement, les communes seront probablement tentées de mobiliser rapidement leurs agents sur les chantiers de fauche et d’élagage, suspendus en raison de la crise sanitaire. Ces nouveaux espaces ménagés involontairement pour la faune et la flore seront donc perdus. Pratiquées trop tard en saison, ces opérations d’entretien s’avèreront par ailleurs mortelles pour de nombreux animaux, en pleine période de reproduction en ce mois de mai. Dans les espaces verts communaux comme dans nos jardins, ce n’est par exemple pas le moment de tailler les arbres et arbustes, alors que la plupart des oiseaux y ont maintenant établi leur nid. VivArmor Nature invite donc les jardiniers, professionnels et amateurs, à repousser la taille des arbres à l’automne et à ménager cette année, mais aussi à l’avenir, des espaces de fauche tardive.

Les règles d’or de la fauche tardive

Le fauchage est dit tardif lorsqu’il est réalisé le plus tardivement possible, au-delà de la mi-août.

Il est alors conseillé de ramasser et d’exporter les végétaux coupés afin d’éviter un enrichissement du sol. Beaucoup d’espèces à fleurs, parfois rares et menacées et souvent très attractives pour la faune, se développent en effet sur les sols pauvres en nutriments. Pauvre en nutriments mais riche en espèces, c’est la devise de la fauche avec exportation ! Cette pratique cumule les avantages : elle améliore les capacités d’accueil de la biodiversité et réduit les couts de gestion puisqu’un seul passage par an est nécessaire.

Pour minimiser l’impact de cet export sur la petite faune, il est recommandé de laisser la coupe sur place durant 2 à 10 jours afin de permettre la fuite des animaux (les chenilles ont par exemple le réflexe de quitter la végétation desséchée) et d’utiliser des outils « doux » comme la fourche à foin.

Faire de son jardin un refuge à papillons !

Depuis 2004, VivArmor Nature invite les particuliers et les collectivités des Cotes-d’Armor à créer des « refuges à papillons » sur leurs propriétés. Le principe est simple : il s’agit de maintenir quelques mètres carrés d’herbes sauvages (ortie, pissenlit…) dans son jardin, d’y appliquer une fauche tardive et de ne pas employer de traitements chimiques. L’action en faveur de la biodiversité repose parfois sur une absence d’action ! Plus de 160 familles et une vingtaine de communes se sont ainsi prêtées au jeu, pour un total de 265 hectares. Retrouvez toutes les informations pour la mise en place des refuges à papillons sur le site web de l’association.

Pérennisons les bons réflexes acquis durant le confinement : l’émerveillement, le plaisir à observer la nature et l’envie de lui ménager une meilleure place dans nos vies …