Retrouvez les vœux du maire en vidéo sur Facebook, avec la complicité de Clotilde De Brito qui a écrit et interprété ce texte spécialement pour l’occasion.
et en intégralité sur la chaine Youtube de la ville
Henri Labbé
Chères Réginéennes, chers Réginéens je suis très heureux de vous souhaiter une bonne année 2026. C’est la dernière fois que je m’adresse à vous en tant que maire d’Erquy et je veux vous dire combien je suis fier et heureux d’avoir exercé la fonction de maire.
Pendant 6 ans, je me suis engagé chaque jour pour me montrer à la hauteur de la confiance que vous m’avez accordée. Sans, je le reconnais humblement, être toujours à la hauteur de l’aisance oratoire attendue du premier magistrat de la commune.
J’ai agi avec conviction au service de la collectivité, et sincérité à l’écoute directe de chacune et chacun d’entre vous. Je vous remercie pour nos échanges enrichissants, ces moments intenses vécus ensemble, heureux ou plus difficiles et parfois chargés d’émotions.
Je remercie l’ensemble des services municipaux. J’ai une pensée reconnaissante pour tous les agents. J’ai appris à vous connaître et je vous remercie chaleureusement pour votre engagement au quotidien au service de la population.
Chères Réginéennes, chers Réginéens, je vous souhaite une bonne année 2026, remplie de moments heureux, partagés avec vos familles et vos proches.
Meilleurs vœux à toutes et à tous !
Clotilde De Brito
Ce que tonton voit bien, c’est nos secrets romans
Que ce long citoyen s’annonce en clair amant
« Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement
Et les mots pour le dire arrivent aisément ».
C’est Nicolas Boileau qui avant les Lumières
Nous éclairait des siennes dans son argumentaire.
Mais après ces deux vers, la suite du discours,
Dans son Art poétique, vaut aussi le détour.
Gâtez-vous les deux dents, et sans peur de la rage,
« Hâtez-vous lentement ; et, sans perdre courage,
Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage :
Polissez-le sans cesse et le repolissez ;
Ajoutez quelquefois, et souvent effacez. »
N’est-ce pas un éloge à nos hésitations
Plutôt qu’une louange de la perfection ?
Se lancer, répéter, revenir en arrière,
Et devant un parterre parfois tomber par terre.
Oui, un texte se forge et ne vient pas tout cuit
Dans la bouche de celle ou celui qui le dit.
Ainsi si le discours est une construction,
Faut-il un mètre à bulle et un bon fil à plomb.
Mais…
De l’aplomb, voyez-vous, nous n’en avons pas tous,
Et prendre la parole peut nous vider la trousse / peut nous filer la frousse.
Débordement d’adrénaline et cortisol,
Corps figé, voix troublée, palpitant qui s’affole.
Traduire sa pensée est parfois bien complexe :
On se gratte la tempe et le fond du cortex.
Exposer le sujet, donner son point de vue,
Afficher ses projets, même se mettre à nu,
Porter une morale, des exemples sensés,
Dans un temps imparti devant une assemblée…
Pour sûr, on veut bien faire, mais voilà qu’on bafouille !
On trébuche, on lapsusse, les cymbales pendouillent / les syllabes s’embrouillent.
On avait répété, on y mettait du chien, du sien,
Mais le moment venu, on ne se sent pas bien,
Et alors les paroles sortent confusément…
Non pas que la pensée soit sans raisonnement,
Mais un torrent trop plein peut paraître anarchique
Bien que l’eau de la source soit limpide et logique.
Agilité de langue, fulgurance du mot,
Au jeu de l’éloquence, tous ne sont pas mégots, égaux
Et pourtant et pourtant on peut de tout son cœur
Avoir des choses à dire sans être horodateur / grand orateur.
J’ai vu des beaux parleurs dont le fond du discours
N’était pas très joli… Ils savent en deux trois tours
Entraîner le public par la forme souvent,
Oubliant les idées, l’âme, l’engagement,
Défendant des avis nocifs et péremptoires
Comptant sur l’inertie de tout leur abattoir / de tout leur auditoire.
Car nous qui écoutons sommes aussi responsables
Qui préférons les strass aux propos véritables
Choisissant l’emballage plutôt que le cadeau,
Et l’art de la formule à la pâleur des veaux / à la valeur des mots.
Des mots creux dits d’un trait font souvent illusion,
Plus que des mots sincères avec hésitation…
Mais qu’est-ce que la parole ? Qu’est-elle réellement?
Pas une performance, mais une main qui se tend
Et si cette main tremble, qu’elle soit respectée :
Montrer son émotion est preuve d’humanité.
Certains parlent « très bien » pour trahir ou détruire,
Un sage balbutiant tâtonne pour construire.
À tous les bégayeurs, ou les intimidées
Qui suent à grosses gouttes, font tomber leur papier ;
Aux bouches asséchées, cerveaux dans le brouillard,
Aux langues emmêlées, le trac en étendard,
Apprenez que Virgile, Esope et Georges VI
Bègues pourtant se pliaient à cet exercice.
Si vous êtes sincère vous serez égoutier, écouté
Maintenant lancez-vous, c’est à vous de parler.
