Chapelle des marins

La Chapelle Notre-Dame des Marins (1867)

Photo Hervé CorudraisCette chapelle est édifiée à l’emplacement de la Chapelle Notre-Dame-de-la-Croix  des Sept-Saints. Ruinée sous la Révolution, la chapelle est reconstruite en 1867 et bénie en août de la même année par Monseigneur Augustin David. Ce dernier fit don d’un «reliquaire en bronze doré, renfermant les reliques des principaux apôtres de la Bretagne»qu’il installera deux ans plus tard, en 1869.

Bien que consacrée le 8 septembre 1867, l’intérieur de la chapelle n’est alors toujours pas achevé. L’autel, ouvrage du sculpteur lannionais Le Mérer, trouvera sa place fin de l’année 1872.

Si la chapelle Notre-Dame-de-la-Croix ou des Sept-Saints rappelait les trois dévotions successives du lieu, la nouvelle chapelle sera quant à elle nommée Chapelle Notre-Dame des Marins à la mémoire de tous ceux disparus en mer. La pêche sur les bancs de Terre-Neuve prit fin dans les années 1860 et fut remplacée par la pêche d’Islande. Jeunes ou moins jeunes hommes sont pour beaucoup partis au printemps sur des goélettes sans être de retour à la fin de l’été. La nouvelle chapelle a eu à cette époque vocation à recueillement pour les hommes «péris en mer» et un lieu de remerciements avec le dépôt d’ex-voto pour les plus chanceux revenus sains et saufs de la campagne de pêche.

Une construction essentiellement basée sur la richesse locale

Photo Hervé CourdraisLes poudingues de soubassement et les modillons ont été réalisés en grès d’Erquy. Les carrières d’extraction étant à l’époque de la construction de la chapelle à leur apogée. Le granit de l’Ile Grande intervient quant à lui dans l’exécution du clocheton ajouré exigeant une taille fine et délicate de la pierre.

Au jour d’aujourd’hui, une association «Les Amis de la Chapelle des Marins» s’est créée pour aider à préserver ce patrimoine, ce symbole qui surplombe la cité, tout en lui apportant les soins nécessaires pour son embellissement, voire sa restauration et lui donner vie par des animations. Le but de cette association de bénévoles étant de faire de cet édifice religieux, «un point de rencontre culturel et cultuel».

L’intérieur de la chapelle et ses trésors

Trois maquettes d’ex-voto sont classées :

  • l’Albatros, goélette à hunier, navire à deux-mâts avec brigantine et tableau arrière, créée au début du XXème siècle ;
  • le Sancta Maria, de type trois-mâts, barque de Saint-Malo, long courrier réalisée dans la masse, avec tableau arrière ; cet ex-voto date également du XXème siècle (première partie) ;
  • le Stella Maria (Etoile de Marie), encore appelé «Notre-Dame», trois-mâts goélette, à la proue arrondie, voilier datant de la première moitié du XXème siècle.

La maquette «Sainte Jeanne» est la réplique du «Louis-Marie», sloop d’Erquy utilisé comme caboteur. Cette œuvre de la deuxième partie du XXème siècle est la réalisation de Monsieur Guy Mahé ; il faut noter qu’un navire de ce type est ancré dans le port d’Erquy ; il porte lui aussi la même immatriculation et le même nom que l’ex-voto.

Une maquette de chalutier en bois, de couleur bleue, vient compléter l’ensemble des navires en bois présents à l’intérieur de la chapelle ; elle aussi a été conçue par un membre bienfaiteur.

Enfin de nombreuses créations plus récentes sont à mettre au crédit des membres de l’association :

  • deux navires réalisés à partir de fleurs séchées, dont l’un avec une statue de Notre- Dame et portant l’inscription «Chez nous soyez Reine» ;
  • un phare, également avec une statue de Notre- Dame, au bas duquel l’on peut lire «ASTRE BENIT DU MARIN, CONDUIT MA BARQUE AU RIVAGE» ;
  • des parures, ornements et filets autour de la statue de Notre- Dame de la Croix des Sept Saints ;
  • enfin une maquette de la chapelle elle-même.

Le «Mur des Péris en Mer»

En entrant dans la chapelle, le visiteur ne peut passer à côté du  «Mur des Péris en Mer». Une multitude de plaques en marbre à la mémoire de marins disparus en mer. Pour la plupart d’entre eux  leur disparition se fera au cours de campagnes de pêche sur les bancs de Terre-Neuve.