Exposition : Guillaume FRIOCOURT, Peintures

Du samedi 12 août 2017 au dimanche 20 août 2017

Lieu : Galerie d'Art municipale

Guillaume FRIOCOURT
Peintures
du samedi 12 au dimanche 20 août 2017
Ouvert tous les jours de 10h30 à 12h30 et de 15h00 à 18h00, entrée libre.


Marines.
Un thème incontournable pour qui vit et peint en Bretagne.
Un thème sans contours : le trait jaillit de l’intérieur. Un trait sorti du pot, jeté, lâché, en un geste martial. Guillaume Friocourt peint sans balises. Crée des accidents, les maîtrise au même instant, ça crisse, ça glisse. Ça dégouline, aussi. Un geste brut qui s’évanouit sur la toile, et renaît harmonie. Car il s’agit bien de cela : rechercher l’Harmonie. Guillaume Friocourt s’en approche très intimement. Constante quête qui le mène loin dans le monde des contrastes, avec ou sans couleurs, priorité aux valeurs. Oui, pour lui, la couleur en elle-même est un alibi. Idem pour le tracé, le trait, le figuré. L’harmonie et l’aléa. L’harmonie au cœur de l’aléa, au-delà aussi.

Guillaume Friocourt provoque des coulées ; ces «dégoulinures» savamment orientées, se jouant bien de la pesanteur. Marines. Un thème du mouvement, de l’accident, et cependant de la constance, de la permanence. Un thème parmi d’autres, travaillés en parallèle, selon les saisons, selon les envies. Les cubes, sujet d’atelier les jours de mauvais temps, où les pots de peinture se font modèles, se dématérialisent, se résument à leur lumière, à leur présence, au carré, alignés, ou isolés dans l’atelier. Les botaniques quand le jardin du peintre offre des verts à faire tourner la tête, des verts à inventer, à comprendre, à domestiquer. Parce qu’il n’était pas à l’aise avec les verts, Guillaume Friocourt s’en est saisis à bras le corps, les observe en nature, y greffe sa soif d’harmonie. Et s’élance.

L’artiste aime aussi travailler la matière, son absence qui laisse à nu la toile de lin, son abondance qu’il faut sculpter, rogner, ou qu’il laisse prendre le dessus. Très présente dans les séries Marines, Cubes et Botaniques (qu’il réalise en parallèle, tel des mouvements perpétuels), l’idée de la matière est au cœur même d’un autre chantier qu’il a entrepris : ses eaux fortes. Là, il creuse le métal, lui donne du relief, joue sur les profondeurs, avant d’imprimer  à plat sur le papier, ce travail en trois dimensions.
Parce qu’il aime toucher la matière, le peintre lâche ses pinceaux pour des bâtons, des morceaux de plexiglas, le couteau, ou tout simplement : ses doigts.  La peinture elle-même est matière à création : le peintre broie ses pigments, mélange et met en pot.

Souvent la couleur en cache une autre. Superposer orange, brun, bleu, jouer des transparences, gratter aussi, pour découvrir une once d’autre couleur. Guillaume Friocourt sculpte la peinture au scalpel, nous fait traverser la surface de la toile. Mais reste parfois le seul à savoir que sous une vague brune se cache un orangé. Parmi les dizaines de pots qui jonchent l’atelier, les gammes d’orange sont bien plus présentes que ce qu’on peut imaginer en parcourant les tableaux. Il faut se rapprocher, observer, scruter les pointillés. L’impressionnisme a percuté l’artiste avant même qu’il ait décidé de peindre. Plus qu’une référence… Un modèle de valeurs. Ces nuances d’orange lui sont indissociables des bleus. «Le bleu est la seule couleur réellement indispensable» dit-il. Des orangés extraits des ciels de ses voyages, peut-être aussi. Guillaume Friocourt est un grand voyageur. L’Afrique et l’Asie surtout. De quoi éclairer sa palette de pigments les plus solaires qu’il distille ici dans le reflux des marées.

La série Marines est composée en grande partie de diptyques, triptyques, quadriptyques. Après avoir exploré les formats classiques, le peintre varie aujourd’hui ses supports, en assemblant ses toiles avant de se jeter à l’eau.

Guillaume Friocourt est né à Paris. Des vacances de son enfance toute entière passées au cœur de la Bretagne, il garde un attachement viscéral pour la région. Il s’y installe adulte pour ne la quitter que lors de ses voyages au loin. Les rivières que l’enfant-pêcheur sillonnait heure après heure ont imprimé chez l’artiste l’art et le sens du reflet. De la lumière. De l’aléa et de l’harmonie.

ML de Noray-Dardenne, février 2017

Guillaume FRIOCOURT
06 81 64 51 75
www.guillaumefriocourt.fr


En pratique