Exposition : Rencontre des deux rives, Sousse – Erquy 2017

Du jeudi 8 juin 2017 au lundi 19 juin 2017

Lieu : Galerie d'Art municipale

Rencontre des deux rives
Sousse – Erquy 2017
du jeudi 8 au lundi 19 juin 2017
Ouvert tous les jours de 10h30 à 12h30 et de 15h00 à 18h00, entrée libre.

Sousse  – Galerie ELBIROU – Tunisie
8 rue du 22 janvier 1952
Exposition du 24 février au 8 mars 2017

Erquy – Galerie d’Art municipale – France
1 rue du 19 mars 1962
Exposition du 8 au 19 juin 2017


Avec :

Abdesslem AYED
Chun-Yi CHANG
Faten CHOUBA SKHIRI
Cristina DIAS DE MAGALHAES
Julie DUDRAGNE
Wissem EL ABED
Slimen ELKAMEL
Emna GHEZAEIL
Monique HASBANI-VILLARD
Sang-Sobi HOMME
Eléonore JOSSO
Hela LAMINE
Souad MANI
Thameur MEJRI
Nathalie REYMOND
Laura SANCHEZ-FILOMENO
Nabil SAOUABI
Najah ZARBOUT
Nadia ZOUARI

Un catalogue de l’exposition est édité, il est disponible en téléchargement ci-contre et sera présenté à la galerie pendant la durée de l’exposition.


L’accueil

Je pourrais dire, comme Georges Perec : « Je me souviens ».

Oui, je me souviens … des citrons brillants comme des lampions dans les petits jardins cachés de Tunis, des escaliers de Sidi Bou-Saïd, de la coupole blanche près de la plage à Hammamet, des tapis qui séchaient sur les balcons de Kairouan, de l’eau de fleur d’oranger qu’une jeune fille a versée sur mes mains à Nabeul, du bouquet de jasmin qu’elle portait à l’oreille, des étudiants à l’Université de Tunis qui m’ont offert une orange peinte en bleu en hommage à Paul Klee …

Je me souviens de la Maison de la Tunisie à la Cité Universitaire Internationale de Paris, où Najah et Wissem, aidés de quelques passionnés, avaient transformé les sous-sols en salles d’exposition …
Je me souviens de toutes les nations qui se sont croisées dans mes cours, des quatre continents qui s’y sont côtoyés − le lointain et le proche : l’Afrique, l’Amérique, l’Asie, l’Europe − et des œuvres qui y ont dialogué − peintures, photographies, sculptures, installations, vidéos, gravures − …
Je me souviens de l’effervescence précédant nos expositions collectives, dans la rue des Beaux-Arts à Paris et de l’intensité des soutenances de thèse au centre Saint-Charles, une annexe de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, où j’avais toujours l’étrange  l’impression d’être à la fois juge et partie …
Je me souviens qu’il y a peu j’ai présenté à Erquy les œuvres de mes anciens étudiants accompagnées des gros volumes de leurs thèses. C’était dans une jolie petite boutique amie perchée en haut de grandes marches de grès rose et devenue pour l’occasion Galerie Éphémère. L’art du « tout monde » comme aurait dit Édouard Glissant se rencontrait dans un coin de Bretagne …

Et voilà qu’à nouveau une rencontre s’organise, d’abord en Tunisie, puis en France, sur deux rivages très éloignés, très différents et pourtant similaires, deux ports de pêche, deux endroits chargés d’histoire, deux lieux superbes et accueillants … Sousse, Erquy.

Alors il faut absolument parler de l’accueil, de cette capacité à recevoir, à s’associer, à se réunir, à réserver toujours aux étrangers, aux inconnus qui peuvent venir, une place près du feu. Et les œuvres d’art, me semble-t-il, doivent être accueillantes aux idées et aux formes nouvelles, mais aussi aux spectateurs qu’elles interpellent, car elles n’existent vraiment que dans le regard de l’autre, dans l’échange et le partage.

L’art n’est pas une utopie, un non lieu, un sans lieu, un lieu vide, bien au contraire ! C’est un espace chargé de sens et d’émotion,  où la liberté peut s’épanouir en paix.
Et grâce à l’accueil de Sousse, grâce à l’accueil d’Erquy, l’art fleurira sans entraves cet hiver puis au printemps prochain, dans le terreau fertile de l’amitié entre les peuples.

Nathalie REYMOND, le 26 octobre 2016, à Erquy.


Et si les deux rives se rencontraient ?

Entre Erquy et Sousse un long trajet se trace, long en distance et court en durée de voyage, deux terres différentes l’une de l’autre … Comment rapetisser cette distance ? La potion magique qu’on propose ici c’est l’art. « Rencontre des deux rives » est une exposition riche en propositions, déclinant une palette d’artistes venant des deux côtés, onze du côté tunisien et huit du côté français. Ces artistes ont des œuvres qui divergent et dialoguent, pour nous saisir, voire nous déranger … Les œuvres ici exposées attestent de l’impossibilité de s’isoler de l’autre, toutes les limites sont à traverser, …

Ce projet, fruit d’un échange d’idées et d’une longue correspondance entre les deux rives, est une continuité d’un travail de groupe ancré dans la recherche et la pratique de l’art depuis quelques années au sein de l’école doctorale de l’Université Paris I.  Ce projet montre que la recherche peut continuer même en dehors du cadre institutionnel et que les relations peuvent résister aux distances et au temps.

Le principe dans ce projet consiste à faire voyager les œuvres à travers les frontières et à les faire passer d’une terre à une autre via le transport aérien en bagage de soute, d’où les contraintes techniques imposées aux œuvres (poids, dimensions,). L’artiste dans cette traversée, par le biais de sa pratique, rejoint ainsi les deux côtes.

Le trajet se voit ici comme un fil qui coud les deux rives ensemble à l’encontre des lois de la géographie ou des entraves géopolitiques… « Il ne faut pas lier un navire à une seule ancre, ni une vie à un seul espoir »,  comme disait Epictète ; les rives de cette mer nous séparent et nous lient à la fois.

Najah Zarbout, le 30 octobre 2016, à Sousse.


En pratique